1er trimestre

Drame de Brétigny : la SNCF aurait manipulé des témoins

 

                                     

La SNCF aurait «tout fait pour manipuler» l'enquête judiciaire mené sur l'accident du train Corail de Brétigny (Essonne) qui, le 12 juillet 2013, a fait 7 morts et plusieurs centaines de blessés. Selon le Canard Enchaîné qui révèle l'affaire dans son édition datée mercredi 27 janvier 2016, les trois juges chargés de l'instruction avaient placé sur écoute téléphonique les collaborateurs de Guillaume Pepy, le président de l'entreprise. Il en ressort que les agents entendus comme témoins étaient «briéfé» par le service juridique de la SNCF à répondre aux questions des policiers et des magistrats.

Ainsi, un cadre, Christophe Bolhy, qui affirmait ne pas savoir si les travaux de vérification des lignessont correctement menés dans le secteur de Brétigny, se voit opposer lors de son audition une conversation qu'il a eue avec son supérieur.  Enregistrée par les enquêteurs, on l'entend crier : «Brétigny, c'est des crevards. Faut tous les foutre dehors !»

Les témoins préparés aux interrogatoires par le service juridique

Même chose concernant une pièce maîtresse des intersections entre deux voies, soupçonnée d'avoir causé l'accident. Un cadre s'exclame au téléphone : «Elle est pourrie mais c'est pas la seule... Toutes les TJ (traversée-jonction, NDLR) de Brétigny sont dans cet état-là !» mais devant les juges il nuance : «Quand je dis pourrie, ça ne veut pas dire en dehors des normes, ça veut dire vieux»

Les magistrats ont donc découvert que chaque cheminot convoqué par les enquêteurs était convié à un entretien avec le service juridique de la SNCF. Par exemple, le «dirigeant de proximité» du secteur de Brétigny reconnait devant les magistrats que ses salariés refusent de travailler la nuit mais il ajoute dans la foulée que cela ne nuisait pas au contrôle du matériel... Le 15 mai 2014, Christophe Bolhy, qui doit être entendu par la police, reçoit ce conseil d'un collègue : «Il faut vraiment que tu te fasses briefer par Claire (...) Il faut qu'on sache exactement ce qu'on peut dire.» Claire Chriqui est cadre au service juridique et d'après un témoin, elle demandait également un retour sur les interrogatoires subis pour connaître les sujets abordés et les questions posées. Cette cadre est allée jusqu'à conseiller à un agent de «ne rien apporter aux policiers» et «d'attendre leurs demandes».

La direction de la SNCF maîtrise aussi la communication interne de la SNCF. Une autre responsable juridique fait ainsi retirer d'une note sur l'accident les mots «en très mauvais état» qui qualifiaient «des appareils à régénérer». «C'est pas la peine d'aller mettre que tout est en très mauvais état. Si c'est saisi par la justice...», justifie-t-elle.  

L'accident mortel de Brétigny-sur-Orge est survenu à cause d'une éclisse - sorte de grosse agrafe sur l'aiguillage - dont une fissure n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance, et dont trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés. Ce qui aurait provoqué le déraillement du train. Trois défaillances des différents processus de maintenance «ont conduit à l'accident», selon le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT). Depuis, les trois juges d'instruction en charge de l'enquête à Evry ont reçu le renfort d'un nouveau magistrat instructeur, chargé de reprendre certains de leurs dossiers, afin qu'ils puissent se concentrer sur l'enquête.

Dans ce dossier, seules deux personnes morales, la SNCF, devenue SNCFmobilité depuis la réforme ferroviaire, et RFF (Réseau ferré de France) devenue SNCF réseau, ont été mis en examen. 

Sollicitée par Le Parisien, la SNCF a indiqué que «les documents présentés par le Canard enchaîné paraissent faire partie du l'instruction judiciaire concernant l'accident de Brétigny. Si tel est le cas, ces documents sont  couverts par le secret de l'instruction». L'entreprise se refuse donc à tout commentaire. Quant au rôle de la direction juridique, elle estime qu'elle «défend et accompagne ses salariés dans l'exercice de leurs fonctions. C'est le cas dans l'instruction de l'accident de Brétigny. » Enfin, la SNCF affirme que «les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos et participent à la manifestation de la vérité."

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Catastrophe de BrétignyBalance.jpg


La sécurité avant le profit !


Le jeudi 14 janvier 2016, des cheminots de Brétigny     étaient convoqués au Tribunal de Grande Instance.



Seule la Fédération SUD-Rail était là pour les soutenir.
 

Aussi, à l’appel de SUD-Rail, les cheminots sont venus de plusieurs régions soutenir nos collègues convoqués au tribunal d’Evry comme « témoins assistés », c’est-à-dire susceptibles d’être mis en examen!

Après avoir été entendus par la justice, nos camarades seront convoqués à nouveau fin janvier. Devant le TGI d’Evry la fédération SUD-Rail et les cheminots ont dénoncé la politique budgétaire de la direction qui met à mal la sécurité de tous, salariés et usagers. Il s’agissait de montrer à la justice et à la direction de la SNCF que les cheminots refusent que des collègues du site de Brétigny soient les lampistes de la politique dévastatrice des patrons SNCF et RFF.

LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE A TENU A RECEVOIR UNE DÉLÉGATION SUD-RAIL,

Nous lui avons expliqué:

  1.  Il est impossible d’effectuer une maintenance correcte des installations ferroviaires et d’assurer la sécurité du personnel et des circulations, puisque depuis des années la direction supprime massivement le personnel des équipes et ferme des brigades qui étaient situées à des endroits stratégiques pour intervenir rapidement sur les installations. De plus, une seule chose compte pour la direction de l’entreprise; faire rouler un maximum de trains commerciaux pour faire du chiffre d’affaire. Cela limite d’autant les capacités d’intervention des agents sur les installations.
  2.  Tout ceci est organisé délibérément par la direction de l’entreprise. Comme par hasard, depuis que les feux de la justice sont braqués sur Brétigny, la direction SNCF a doublé les effectifs de maintenance de Brétigny depuis 2013 ! Cette direction reconnait donc que dans les conditions de 2013, les cheminots de Brétigny n’avaient pas les moyens suffisants pour assurer correctement la maintenance des installations. Le dossier juridique a été transmis à nos avocats et, tenant compte du secret de l’instruction, nous ne pouvons qu’affirmer que nos analyses sur les responsabilités de la direction de l’entreprise sont établies.

LES JUGES IRONT-ILS JUSQU'AU BOUT ?

Reste à savoir si la justice ira jusqu’au bout des causes réelles des problèmes de maintenance ou si elle s’arrêtera sur la dernière personne à avoir vissé un boulon!
 
La direction SNCF, comme le gouvernement, tentent de masquer leur part de responsabilité dans ce drame. Ce sont eux qui n’ont pas mis les moyens suffisants pour entretenir et renouveler les lignes classiques, comme à Brétigny. Et l’implication de nos dirigeants dans cette catastrophe « pèse » aujourd’hui sur les décisions de la justice.
 
Leur priorité, c’est de « faire des économies », politique d’austérité oblige.
Leur seule préoccupation, c’est de casser les règles sociales de la SNCF, pour gagner en productivité.  
 
Nous le voyons bien avec les actuelles « négociations » sur la création de la convention collective ferroviaire.

UN RISQUE POUR L'AVENIR

Les usagers du chemin de fer, et en premier lieu les victimes et leurs familles de la catastrophe de 2013, doivent obtenir justice.  
 
Mais nous tenons à ce qu’il devienne impossible d’avoir d’autres catastrophes de ce genre.  
 
Il est insoutenable que des familles soient brisées par des dirigeants d’entreprise qui ne sont intéressés que par l’argent, quitte à ce que ce soit aux dépens de la sécurité.
 
Pour établir la vérité et prendre des mesures qui limitent les possibilités de récidive, il faut que les usagers du train comme les salariés du chemin de fer travaillent ensemble à développer un véritable service public ferroviaire.


C A R   L A   S É C U R I T É   P A S S E   A V A N T   L E U R S   P R O F I T S !

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GoodYear : une condamnation inacceptable !

La condamnation des 8 « ex » salariés de Goodyear à une peine de 2 ans de prison, dont 9 mois ferme, est pour l’Union syndicale Solidaires totalement inacceptable.

Cette condamnation confirme que la lutte de classe existe bien et que la justice a choisit son camp : celui des patrons et des actionnaires !

Après les salarié-es de Continental, les salarié-es d’Air France, l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer et tant d’autres anonymes licencié-es pour oser dire non, le jugement rendu par le tribunal d’Amiens vient confirmer la volonté de criminaliser la lutte syndicale, la lutte pour l’emploi, la lutte contre l’injustice, et pour la dignité de tous ceux et celles qui, chaque jour, subissent le diktat libéral.

Pour l’Union syndicale Solidaires la vraie urgence est de continuer à faire des propositions alternatives et à se battre dans les entreprises, dans la fonction publique pour défendre les intérêts des salarié-es, et porter un projet de transformation sociale, répondant aux impératifs de partage du travail et des richesses, écologiques, et d’une autre organisation du travail. Ces condamnations n’entameront en rien notre combativité

L’Union syndicale Solidaires participera à toutes les actions de soutien organisées contre ce jugement.

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Paris 14 janvier 2016


 

  • Fonction publique : journée de grève et manifestations le 26 janvier

Tract Solidaires Fonction publique

 

C’est maintenant ou jamais !

 

Confrontés aux réformes tous azimuts, les agents de la fonction publique, connaissent aujourd’hui une très forte dégradation de leurs conditions de vie au travail.
- la réforme territoriale qui se mène à marche forcée et qui transforme l’organisation
administrative à l’Etat comme à la territoriale,
- l’ensemble des réformes qui traverse tous les secteurs de la fonction publique
(l’éducation, la santé, le social, l’ONF, l’Onema, etc, )
- le projet de loi de finances qui valide une nouvelle année d’austérité et une nouvelle
vague de suppressions d’emplois dans de nombreux secteurs,
- le PLFSS qui poursuit la lente dégradation de notre protection sociale.
Autant de raisons qui doivent nous pousser à agir maintenant !

A cela s’ajoute un rendez-vous important :
En février 2016 vont se tenir les premières négociations salariales dans la fonction publique, ce qui n’est plus arrivé depuis des lustres !
Rappelons nous que le point d’indice est gelé depuis le mois de juillet 2010 !
SOLIDAIRES souhaite utiliser ce rendez vous d’abord pour réclamer le rattrapage des pertes subies depuis de trop nombreuses années ! Cela passe par l’attribution d’un nombre de points uniforme pour tous les agents. Ce ne serait que justice au regard des bas salaires dont pâtissent un grand nombre d’agents.
Mais nous revendiquerons aussi la revalorisation du point d’indice qui est l’élément de référence de nos rémunérations. Et si nous ne voulons pas d’un 0,1% au premier janvier 2017 à quelques mois des élections présidentielles, c’est par un rapport de force que nous pourrons exiger une véritable revalorisation qui soit à la hauteur de nos revendications.

C’est pour toutes ces raisons que SOLIDAIRES avec la CGT et FO vous appelle à vous mobiliser en ce début d’année 2016.

Avant les négociations salariales pour mieux peser sur celles-ci, et au moment où la réforme territoriale se mettra en place dans les nouvelles régions.

  • Pour de meilleurs salaires
  • Pour de véritables emplois permettant d’assurer nos missions de services publics
  • Pour une fonction publique de proximité

    Faisons de cette journée une double opération  : le matin une mobilisation dans chaque secteur pour exprimer notre colère et nos revendications spécifiques et convergeons ensemble l’après midi pour affirmer notre attachement à la fonction publique !

Faisons de cette période un moment fort de mobilisation. Assemblées générales, HMI, interpellation des élu-es, meeting sur la fonction publique et les services publics, autant d’initiatives qui permettront d’inscrire dans la durée la journée de grève du 26 janvier dans une dynamique d’actions nécessaire pour satisfaire nos revendications.

Toutes et tous en grève et en manifestation le mardi 26 janvier 2016.

voir aussi le tract Sud Santé-Sociaux

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