2eme trimestre 2015

Le Groupe « Etat Islamique » repoussé au Rojava, alors qu’il progresse en Irak et en Syrie.

(Traduit de l’article Kizwan Kewkek, publié par ÖzgÜr Günden).

Les Etats Unis, le gouvernement Irakien et les autres membres de la coalition avaient prévu de libérer la ville de Mossoul (Irak) durant les mois de Mai et Juin. Mais au contraire, DAECH a capturé la ville de Ramadi, la capitale de la plus grande région de l’Irak, en 2 jours seulement (17 et 18 mai). Juste après la prise de Ramadi, DAECH a capturé la ville antique de Palmyr , « la Fiancée du Désert », le 21 mai. Palmyr et la ville moderne de Tedmur, juste à côté, sont situées dans la province de Homs et dans une des régions de Syrie les plus riches en gaz et en pétrole. Le premier ministre irakien qui n’a pas obtenu d’aide supplémentaire des américains est allé en Russie demander des armes à Poutine. DAECH a également capturé une grande partie de la frontière entre la Syrie et l’Irak, ouvrant un corridor pour ses approvisionnements de Anbar à Rakka, Homs et jusqu’à Alep. DAECH contrôle l’autoroute reliant Bagdad et Damas. La situation aurait pu être pire encore si les YPG/YPJ (forces de défense Kurdes) n’avaient pris le contrôle des points de passage de Til Koçer (al-Yarubiye) et Semalka.

Alors que DAECH met en déroute les armées irakiennes et syriennes, il a été repoussé par les combattant-e-s du Rojava. Tout récemment ceux-ci ont libéré le mont Kizwan près de Heseke (canton de Jazira) qui sert de barrière défensive aux peuples kurde et syriaques. La libération de Kizwan qui servait de base logistique et de centre d’entrainement pour DAECH a été réalisé par les forces des YPG/YPJ, des unités syriaques et un bataillon principalement composé d’arabes de la tribu Shamar, réunis sous la direction des YPG/YPJ.

Il a fallu 14 jours de combats pour déloger DAECH qui avait fortifié ses positions. La déroute de Ramadi et Palmyr et la victoire à Kizwan montre l’importance du facteur humain, la force de l’espoir et de l’amour de la liberté autant que la stratégie et la tactique militaire. Car les peuples des cantons du Rojava qui combattent pour la liberté et l’égalité ont acquis un avantage stratégique aussi bien sur DAECH que sur le régime syrien.



 

La révolte des ouvriers agricoles de la région de San Quintin (Basse-Californie),

Tout comme l'Andalousie pour la production horticole en Europe, elle est révélatrice de l'esclavage moderne sur laquelle s'appuie aujourd'hui l'industrie agro-alimentaire des fruits et légumes: c'est en effet un salaire de misere (100 pesos par jour, 6 euros) que recoivent les pres de

80 000 travailleurs agricoles qui y travaillent, la plupart d'origine indienne, migrants des Etats de Guerrero et de Oaxaca (mixteques et triquis principalement). Les ouvriers et ouvrieres agricoles qui y sont etablis vivent dans une multitude de hameaux sommaires, bien souvent sans electricité ni réseau d'eau potable, et sans aucune infrastructure de santé d'éducation ou bien de couverture sociale. 

Les entreprises horticoles de la région, exportant vers les Etats-Unis, le Canada, l'Europe et bientot les marchés asiatiques, sont pourtant parmi les plus modernes, puissantes et sophistiquées de tout le Mexique, á la pointe des nouvelles technologies de l'agro-business, et comptant sur les nombreux cadeaux des autorités gouvernementales, que ce soit en matiére d impots, de prix de l'électricité pou bien de facilités d'investissement. 

Ce véritable esclavage moderne, si similaire á celui décrit par Turner au début du siécle dans "le Mexique barbare" et dont l'Andalousie, la région de Rosarno en Italie ou bien certaines régions du sud-est de la France ne sont pas si éloignées, a cependant été violemment remis en question avec l'éclatement de la gréve générale le 17 mars dernier, et le blocage sur prés de 120 km de l'autoroute connectant la région aux Etats-Unis. 

Menée par l'Alliance nationale, régionale et municipale pour la justice sociale, le mouvement de gréve, qui compte sur la trés forte solidarité de nombreuses associations de travailleurs chicanos des Etats-Unis, maintient depuis lors une lutte déterninée afin d'obtenir toute une série d'amélioration de leurs conditions de vie, allant du doublement des salaires á l'obtention de la sécurité sociale, la construction d'écoles et de cliniques et la répression du harcément sexuel des travailleuses agricoles. 

Le mouvement de gréve s'appuie sur l'assentiment général des habitants et des principales organisations syndicales de lutte au Mexique ainsi qu'aux Etats-Unis chez les américains d'origine mexicaine, ainsi que sur le soutien manifesté par de nombreuses autres grandes luttes et forces politiques mexicaines, dont entre autres le Congrés National Indigéne, les péres et méres de familles d'Ayotzinapa, ou bien l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN). 

Toutefois, le gouvernement de l'Etat de Basse-Californie et le gouvernement fédéral mexicain semblent plutot chercher a mettre un terme au mouvement par la répression plutot que par la négociation. C'est en tout cas ce que suggérent les derniéres opérations de police de samedi

dernier: alors que le gouverneur local de l'Etat devait tenir une réunion le vendredi 8 mai avec les travailleurs agricoles au sujet de leurs revendications, celui-ci ne s'est finalement jamais déplacé sur place, menacant meme au téléphone l'un des porte-parole l'ayant appelé pour le questionner sur son absence á la réunion. 

Le samedi, par contre, ce sont plusieurs dizaines de véhicules de police qui effectuérent une descente de police, dans quelques uns des principaux hameaux des ouvriers agricoles en gréve. L'opération a cependant été un échec total, devant la résistance déterminée des habitants qui ont endommagé plusieurs véhicules de police dont un tank anti-émeutes, obligeant les forces de police á se replier. Il y a cependant plusieurs dizaines de blessés, 4 travailleurs agricoles emprisonnés depuis (s'ajoutant á une quinzaine d'autres emprisonnés auparavant pour les blocages d'autoroute), et, plus que tout, le refus du gouverneur de venir négocier á San Quintin ce mercredi, arguant de "possibles menaces quant á sa sécurité personnelle". 

En l'attente de la reprise des négociations, le mouvement de gréve de ces milliers de travailleurs agricoles envisage un durcissement de ces actions, á travers l'organisation d'un boycott des fruits et légumes aux Etats-Unis, et la possible opposition á la tenue sur place du processus électoral en juin prochain.

 14-05-15



 

Aux peuples d’Europe et du monde entier,

À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.

Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !
Le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde
En effet, composée de citoyennes et de citoyens volontaires venus des quatre coins du globe, cette Commission ne va pas manquer de faire des émules dans d’autres pays. D’abord, parce que le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde. Ensuite, parce qu’il y a désormais des millions et des millions de citoyennes et de citoyens qui, à juste titre, posent des questions à la fois élémentaires et fondamentales concernant cette dette :
« Qu’est devenu l’argent des emprunts, à quelles conditions ces emprunts ont-ils été conclus ? Combien d’intérêts ont été payés, à quel taux, quelle part du principal a déjà été remboursée ? Comment la dette a-t-elle enflé sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? À quoi ont-ils servi ? Quelle part a été détournée, par qui et comment ? 
Et aussi : Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui a prêté et quel a été son rôle ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ? Comment des dettes privées sont-elles devenues « publiques » ? Qui a engagé des projets inadaptés, qui a poussé en ce sens, qui en a profité ? Des délits, voire des crimes, ont-ils été commis avec cet argent ? Pourquoi n’établit-on pas les responsabilités civiles, pénales et administratives ? »
Toutes ces questions vont être analysées de manière rigoureuse par la Commission spéciale créée à l’initiative de la Présidente du Parlement hellénique. Cette commission a reçu comme mandat officiel de « rassembler toutes les données en rapport avec l’émergence et l’accroissement démesuré de la dette publique et de les soumettre à un examen scientifique minutieux afin de définir quelle en est la portion qui peut être identifiée comme dette illégitime ou illégale ou odieuse ou insoutenable, cela tant pendant la période des Mémorandums, de mai 2010 à janvier 2015, qu’au cours des années précédentes. Elle doit aussi publier des informations précises, accessibles à tous les citoyens, étayer les déclarations publiques, susciter la prise de conscience de la population grecque, de la communauté internationale, de l’opinion publique internationale, et enfin rédiger des arguments et des demandes relatifs à l’annulation de la dette. » 
Nous considérons que c’est le droit démocratique le plus élémentaire de tout citoyen de demander et d’obtenir des réponses claires et précises à toutes ces questions. Nous considérons aussi que refuser d’y répondre constitue un déni de démocratie et un refus de transparence de la part de ceux d’en haut qui ont inventé et utilisent le « système-dette » afin de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Plus grave encore : nous considérons qu’en gardant jalousement pour eux le monopole de décider du sort de la société, ceux d’en haut privent l’écrasante majorité des citoyennes et des citoyens non seulement du droit de décider, mais surtout du droit de prendre entre leurs mains leurs destinées ainsi que les destinées de l’humanité !
C’est pourquoi, dans cette situation d’urgence nous lançons à toutes les citoyennes et à tous les citoyens, aux mouvements sociaux, aux réseaux et mouvements écologiques et féministes, aux syndicats de travailleurs et aux formations politiques qui ne se reconnaissent pas dans cette Europe néolibérale et de moins en démocratique et humaine, l’appel urgent suivant :
Exprimez votre solidarité à cette Grèce qui résiste en soutenant maintenant et en actes la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque et son travail d’identification de la partie illégale, illégitime, odieuse et/ou insoutenable de cette dette.
Défendez-la contre les attaques indignes dont elle fait l’objet de la part de tous ceux qui, en Grèce et dans le monde, ont intérêt à garder bien cachée la vérité sur le « système-dette ».
Participez activement aux processus d’audit citoyen de la dette qui sont en train de se développer partout en Europe et ailleurs.
Partagez en réseau votre soutien et votre solidarité, car seuls ce soutien et cette solidarité internationale sont en mesure de contrecarrer le plan des puissants d’asphyxier la Grèce qui lutte contre nos ennemis communs : les politiques d’austérité et la dette qui nous étranglent !
Face à un adversaire expérimenté, uni, bien coordonné, armé de pouvoirs exorbitants et surtout décidé à mener jusqu’au bout son offensive contre nous tous et toutes qui constituons l’écrasante majorité de nos sociétés, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de résister séparément, chacun dans notre coin.
Unissons donc nos forces dans un vaste mouvement de solidarité avec la Grèce qui résiste et apportons notre soutien à la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, en multipliant de telles commissions d’audit de la dette partout où cela est possible.
La lutte du peuple grec est notre lutte et sa victoire sera notre victoire car seule notre union fait notre force.
Pour signer, cliquez ici : GreekDebtTruthCommission



 

Urgence médicale à Kobanê.

La ville n’a pour l’instant que deux hôpitaux, un civil et militaire, avec au total une capacité de 27 lits. Les responsables de Kobanê indiquent qu’il y a un manque criant d’ambulances et de médicaments. Ils réclament l’ouverture d’un corridor humanitaire pour répondre à l’urgence.

Trouver un traitement médical est devenu plus difficile car la population qui avait fui à l’arrivée de DAECH commence à revenir et le nombre d’habitants avoisinerait maintenant les 50 000. Avec la grande majorité des équipements détruits dans les combats, il ne reste pour soigner les combattants et combattantes YPG/YPJ blessé-e-s dans les affrontements qui se poursuivent autour de la ville, qu’un hôpital de 12 lits. La capacité de l’hôpital civil est lui de 15 lits.

Le personnel médical est également insuffisant. Il n’y a actuellement que 10 docteurs et 25 infirmier-e-s. Malgré le  manque de moyens, les travailleurs de la santé travaillent jour et nuit pour prodiguer des soins à leurs patients.

En plus du manque de personnel médical, l’absence d’équipements de pointe rend quasiment impossible le traitement sur place des blessé-e-s et des malades gravement atteint-e-s. Les quelques ambulances disponibles sont utilisées prioritairement pour ramener les combattant-e-s blessé-e-s sur le front. Les civils qui ne peuvent recevoir leurs traitements à Kobanê rencontrent en plus des difficultés pour franchir la frontière turque. En dépit des tentatives pour établir des relations avec les autorités turques, ce problème n’est pas réglé.

Médecins sans Frontières a décidé d’ouvrir un nouvel hôpital à Kobanê. Des travaux ont commencé pour réparer une école et la transformer en hôpital. Le Dr Hikmed Ehmed, un porte-parole du « Kobanê Health Council », a expliqué que tous les hôpitaux civils avaient étaient détruits durant la guerre et que Médecins sans frontières avaient pris conscience de l’urgence de la situation. Il a ajouté qu’une fois terminé, l’hôpital délivrerait des soins gratuits et aurait une capacité de 13 lits.

Le Dr Ehmed a conclu que la crise sanitaire ne serait résolue qu’après l’ouverture d’un corridor humanitaire entre le canton de Kobanê et la Turquie.

  D’après un article paru sur le site  « Özgûr Gûndem » et repris par « The Rojava report news ».

25/04/15



 

La résistance autour de Kobanê et dans le canton de Cizîrê continue.

 


Kobanê :

Au 216ème jour de résistance contre les tentatives des terroristes de DAECH d’occuper Kobanê, les combats continuent sans relâche.

Durant la nuit du 18 avril, les combattantes des YPJ et les combattants des YPG ont lancé une nouvelle opération contre les zones occupées par DAECH. Les YPJ/YPG ont rapidement libéré les villages de Qirat, Qirata Kurda et Resûleyn.

De plus les combattants et combattantes kurdes ont lancé un autre assaut près du village de Sepeta Ereban, au sud de Kobanê.Ils ont détruit un véhicule chargé d’un canon appartenant aux terroristes.

Canton de Cizîrê :

Les combats entre les combattants et combattantes YPJ/YPG continuent sur la bordure ouest du canton.

Au matin du 19 avril, DAECH a tenté de lancer une attaque avec un véhicule bourré d’explosifs contre le village de Til Midan, situé à 18 kms à l’Ouest de Serêkaniyê. Ce véhicule a pu être détruit avant d’arriver aux positions kurdes.

19 avril 2015



 

 Encore une victime

 

Viyan Peyman, chanteuse et combattante Kurde des Unités de défense féminine YPJ a été tuée  le 6 avril 2015 durant un affrontement avec les islamistes du groupe Etat Islamique (DAECH). ce combat s'est déroulé près de la ville de Sérékaniye (canton de Ciziré). Celles et ceux qui ont participé à la soirée kurde du 13 mars à St Étienne du Rouvray se souviennent de cette femme, filmée dans le ruines de Kobané, qui chantait en l'honneur de la résistance kurde à l'agression de DAECH. Elle était originaire du Kurdistan Iranien et avait le rejoint le combat contre le fascisme et la barbarie. Viyan n'est plus, mais son chant résonnera longtemps encore !

 



 

Les combats se poursuivent autour de Kobané

3 avril 2015

Les combats se poursuivent autour de Kobané entre les combattantes et combattants kurdes YPG/YPJ et DAECH

Kobané/Gouvernorat d'Alep, Turquie